Euthanasie : toujours entre méfiance et espoir
Le 25 janvier, le Sénat pose la question de la légalisation de l'euthanasie. Le débat reste vif entre les tenants d'une avancée radicale et ceux qui prônent la prudence.
«L'ouverture d'un droit à la mort n'est pas de nature à répondre à la complexité des situations de fin de vie et renforce un climat d'exclusion dans lequel notre société confine les grands malades. »
Le docteur Benoît Burucoa, responsable du centre de soins palliatifs du CHU de Bordeaux, est totalement en accord avec les termes de la lettre envoyée par la Sfap (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs) aux sénateurs qui, en commission des affaires sociales, viennent d'adopter une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie.
L'article premier de cette proposition qui sera discutée en séance le 25 janvier, stipule que « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ».
Sur ses deux jambes
Comme d'habitude, le sujet provoque adhésions ou rejets aussi brutaux les uns que les autres. Jean-Luc Romero, président de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a été auditionné par la commission.
Devant elle, il a défendu que son association, forte de près de 48 000 adhérents (âge moyen : 70 ans), « était la seule à avoir fait connaître la loi Leonetti ». Regrettant que les politiques soient assez peu présents dans ce débat, il a souhaité que « la loi repose sur ses deux jambes : accès universel aux soins palliatifs et légalisation de l'euthanasie ».
Au contraire, des députés du Mouvement pour la France (MPF) ont dénoncé cette proposition comme « une régression éthique à la fois dangereuse, cynique et indigne ».
De son côté, un député UMP a constitué un groupe de députés et de sénateurs pour « une entente parlementaire visant à refuser l'euthanasie et à développer un accès aux soins palliatifs ».
Entre légalisation et méfiance
Ces prises de position antagonistes illustrent les résultats des sondages qui, selon la manière dont les questions son t posées, oscillent entre la demande de légalisation et la méfiance.
En novembre 2010, « Sud Ouest Dimanche » avait fait réaliser par l'Ifop une enquête montrant que 94 % des Français répondaient « oui » à la question ainsi libellée : « Certaines personnes souffrent de maladies insupportables et incurables et demandent parfois aux médecins une euthanasie. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin sans souffrance à la vie de ces personnes ? »
Un récent sondage d'Opinion Way révèle, de son côté, que 60 % des Français, dont 73 % de plus de 60 ans, préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l'euthanasie. Les Français inquiets de la légalisation mettent en avant les risques de dérives, notamment le fait qu'on puisse, en société, décider légalement de la mort d'une personne, et la possibilité que des malades non consentants soient euthanasiés.
Reste que les Français se déclarent insuffisamment informés sur les soins palliatifs et que 68 % d'entre eux ignorent qu'il existe une loi interdisant l'acharnement thérapeutique
«L'ouverture d'un droit à la mort n'est pas de nature à répondre à la complexité des situations de fin de vie et renforce un climat d'exclusion dans lequel notre société confine les grands malades. »
Le docteur Benoît Burucoa, responsable du centre de soins palliatifs du CHU de Bordeaux, est totalement en accord avec les termes de la lettre envoyée par la Sfap (Société française d'accompagnement et de soins palliatifs) aux sénateurs qui, en commission des affaires sociales, viennent d'adopter une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie.
L'article premier de cette proposition qui sera discutée en séance le 25 janvier, stipule que « toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur ».
Sur ses deux jambes
Comme d'habitude, le sujet provoque adhésions ou rejets aussi brutaux les uns que les autres. Jean-Luc Romero, président de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) a été auditionné par la commission.
Devant elle, il a défendu que son association, forte de près de 48 000 adhérents (âge moyen : 70 ans), « était la seule à avoir fait connaître la loi Leonetti ». Regrettant que les politiques soient assez peu présents dans ce débat, il a souhaité que « la loi repose sur ses deux jambes : accès universel aux soins palliatifs et légalisation de l'euthanasie ».
Au contraire, des députés du Mouvement pour la France (MPF) ont dénoncé cette proposition comme « une régression éthique à la fois dangereuse, cynique et indigne ».
De son côté, un député UMP a constitué un groupe de députés et de sénateurs pour « une entente parlementaire visant à refuser l'euthanasie et à développer un accès aux soins palliatifs ».
Entre légalisation et méfiance
Ces prises de position antagonistes illustrent les résultats des sondages qui, selon la manière dont les questions son t posées, oscillent entre la demande de légalisation et la méfiance.
En novembre 2010, « Sud Ouest Dimanche » avait fait réaliser par l'Ifop une enquête montrant que 94 % des Français répondaient « oui » à la question ainsi libellée : « Certaines personnes souffrent de maladies insupportables et incurables et demandent parfois aux médecins une euthanasie. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin sans souffrance à la vie de ces personnes ? »
Un récent sondage d'Opinion Way révèle, de son côté, que 60 % des Français, dont 73 % de plus de 60 ans, préfèrent le développement des soins palliatifs à la légalisation de l'euthanasie. Les Français inquiets de la légalisation mettent en avant les risques de dérives, notamment le fait qu'on puisse, en société, décider légalement de la mort d'une personne, et la possibilité que des malades non consentants soient euthanasiés.
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