Décès du Professeur Mathé, cancérologue et imunologue français

Le Pr Georges Mathé, qui a consacré toute sa carrière à la lutte contre le cancer et notamment la leucémie, est décédé vendredi à l'âge de 88 ans, annoncent lundi l'Elysée et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. En 1959, il avait pratiqué les premières greffes de moelle osseuse.

"Sa contribution aux progrès de la cancérologie restera majeure", rend hommage la présidence de la République dans un communiqué, précisant qu'il est décédé à l'hôpital Paul Brousse de Villejuif (Val-de-Marne).

Né en juillet 1922 à Sermages (Nièvre), Georges Mathé a étudié à la faculté de médecine de Paris. Pendant la guerre, de 1941 à 1944, il avait fait partie des Forces françaises de l'intérieur (FFI). Médaillé d'or des hôpitaux de Paris en 1947, il était ensuite entré comme stagiaire de recherche dans le laboratoire de l'immunologue Bernard Halpern, où il rencontrera l'Américain Baruj Benacerraf, futur prix Nobel.

En 1959, il avait réalisé les premières greffes de moelle chez six physiciens yougoslaves accidentellement irradiés dans une centrale nucléaire. Quatre d'entre eux avaient été sauvés.

"Ses travaux sur les leucémies, les greffes de moelle allogéniques, l'immunothérapie active, l'utilisation de plusieurs médicaments dits de 'polychimiothérapie' sont autant d'étapes qui ont marqué l'évolution du traitement du cancer", rappelle l'Elysée.

Outre ses travaux reconnus dans le monde, notamment à travers l'attribution de la Grande médaille de l'Académie nationale de médecine 2004 ou le Prix Medawar 2002, Georges Mathé a activement participé à l'organisation de la recherche médicale française.

Il a ainsi participé à la création de l'Inserm en 1964 et à celle du Centre international de la recherche sur le cancer à Lyon. Il a également été à l'initiative de l'Organisation européenne de recherche sur le traitement du cancer. Il avait aussi créé en 1961 l'Institut de cancérologie et d'immunogénétique de l'hôpital Paul Brousse, où il a dirigé jusqu'en 1990 le service des maladies sanguines et tumorales.

Le Pr Mathé avait également été conseiller au cabinet du ministre de la Santé publique Raymond Marcellin (1964-1966).

La ministre de la Recherche Valérie Pécresse a salué un "homme exceptionnel qui, fort de sa double expérience de médecin et de chercheur, a travaillé tout au long de sa carrière à vaincre la leucémie". "Avec Georges Mathé, la France perd un homme engagé qui a su mettre tout son talent au service de la médecine".

"Nous avons un devoir collectif d'honorer la mémoire de ce précurseur en poursuivant et en renforçant l'excellence française dans le traitement et la recherche sur le cancer", a pour sa part plaidé le Premier ministre François Fillon.


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