Premier essai clinique de dérivés de cellules souches

Des médecins américains ont amorcé le premier essai clinique mondial d'un traitement employant des dérivés de cellules souches embryonnaires. La firme de biotechnologie Geron Corporation en a fait l'annonce lundi.

L'objectif de ce premier essai est d'évaluer la sûreté et la tolérance de ces cellules dérivées appelées GRNOPC1 chez des patients paralysés à la suite d'une lésion à la moelle épinière. La blessure doit être récente et les dérivés de cellules souches doivent être reçus dans les 14 jours suivants.

Les chercheurs tentent ainsi de vérifier l'hypothèse selon laquelle les dérivés de cellules souches pourraient régénérer les cellules nerveuses endommagées. Cela pourrait permettre au patient de retrouver la sensibilité et la capacité de bouger.

La Food and Drug Administration, autorité gouvernementale en matière de médicaments, avait donné le feu vert à cet essai en janvier 2009. Les premiers balbutiements de ce projet datent toutefois de 1999. Entre-temps, des essais précliniques in vitro et sur des animaux de laboratoire ont eu lieu.

Les cellules souches embryonnaires ont la capacité de se multiplier et de devenir n'importe quel type de cellule du corps. Ce sont les seules cellules de l'organisme à avoir cette capacité. Leur utilisation thérapeutique est donc prometteuse, mais controversée.

L'un des défis des chercheurs est de s'assurer que les cellules deviennent bien celles voulues, et non des cellules indésirables, voire des tumeurs cancéreuses.

Mais des groupes religieux et conservateurs s'opposent à la méthode de prélèvement de ces cellules, celui-ci étant effectué sur l'embryon humain au premier stade de son développement. Le président Barack Obama a levé en mars 2009 les restrictions imposées par l'ancienne administration de George W. Bush sur l'utilisation de fonds publics pour la recherche, en 2001.

En août dernier, un juge fédéral américain a d'ailleurs ordonné le gel des fonds gouvernementaux alloués à la recherche sur ces cellules, à la suite d'une action en justice. L'affaire ayant été renvoyée en cour d'appel, la suspension de la décision, au début du mois, a permis la poursuite des travaux de recherche.

Une nouvelle méthode, dévoilée en septembre, utilisant les cellules souches adultes de l'épiderme humain, pourrait peut-être permettre de contourner le problème éthique.

Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse
Mise à jour le lundi 11 octobre 2010 à 23 h 48


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