Le premier débat interrégional sur la dépendance s’est déroulé à Nantes
Le premier des quatre débats interrégionaux a eu lieu à Nantes, lundi 9 mai. Il était consacré au thème « société et vieillissement » et a donné l’occasion de présenter les résultats de l’étude qualitative menée par TNS Sofres sur la perception de la dépendance.
Les experts ont exposé leurs réflexions et engagé des échanges avec des citoyens constitués en groupes de paroles, ainsi qu’avec les participants présents dans la salle.
Discours de clôture de Roselyne bachelot-Narquin. 9 mai 2011
C’est pour moi un grand plaisir de me trouver parmi vous aujourd’hui à Nantes, dans une région qui m’est chère, pour vous proposer une synthèse à l’issue ce premier débat interrégional.
« Société et vieillissement » : c’est sur cette thématique, vous le savez, que j’ai installé début février un groupe de travail animé par Annick Morel qui va poursuivre ses travaux jusqu’en juin prochain.
Mais, en parallèle de ce travail d’experts, j’ai tenu à ce que l’ensemble de nos concitoyens puissent s’approprier cette réflexion. Quel que soit son âge, chacun d’entre nous, en effet, est concerné par le sujet.
Alors, pourquoi le nier ?
Aujourd’hui, en France, au XXIe siècle, la vieillesse continue de susciter des peurs, comme le montrent l’étude TNS Sofres et les échanges avec les citoyens.
Peur de voir son corps de dégrader et sa santé décliner.
Peur d’être affaibli psychologiquement ou de perdre sa liberté, sa capacité d’agir et de choisir.
Peur, en quittant son lieu de vie habituel, de connaître le déracinement, la souffrance ou la maltraitance.
En réalité, le grand âge nous renvoie, collectivement, au tabou ultime : celui de sa propre finitude.
Ces peurs, elles ont été exprimées au cours de la première table ronde et je les ai entendues.
Pourtant, je suis venue vous le dire aujourd’hui avec beaucoup de force et de confiance : n’ayons pas peur de vieillir !
Vieillir, nous l’oublions trop souvent, c’est d’abord une formidable chance !
L’extraordinaire allongement de l’espérance de vie que nous connaissons signifie que nous restons jeunes, en bonne santé, de plus en plus longtemps.
Alors, soyons clairs : il ne s’agit pas de faire l’apologie d’une éternelle jeunesse, réduite elle-même à l’apparence physique, dont nous savons bien qu’elle n’est en réalité qu’un artifice.
En réalité, je crois que c’est notre perception collective du vieillissement et de la vieillesse qui doit évoluer.
La dépendance n’est pas un coup de tonnerre qui nous tomberait dessus au lendemain d’un anniversaire que personne n’est capable de fixer.
La perte d’autonomie est un processus long, qui se déroule à travers des étapes successives, un processus marqué parfois par des ruptures brutales, mais un processus que l’on peut prévenir, anticiper, retarder, accompagner et même éviter.
Le vieillissement, c’est d’abord une période qui ouvre un grand nombre de possibles.
Possibilité de réaliser, plus longtemps, nos désirs et nos projets.
Possibilité d’être ce pivot familial autour duquel enfants, petits-enfants et parfois arrière-petits-enfants se réunissent.
Possibilité d’observer le monde qui change et d’œuvrer à ces mutations.
En un mot, le vieillissement, ce n’est pas la dépendance.
Et les chiffres à eux seuls le montrent : dans notre pays, même au-delà de 80 ou 90 ans, les personnes âgées, même dépendantes, vivent majoritairement à domicile.
La dépendance concerne moins de 8% des plus de 60 ans et, en moyenne, elle dure seulement 4 ou 5 ans.
J’ajoute que la durée moyenne de la vie en établissement pour personne âgée n’excède pas 22 mois.
Alors, de grâce, ne confondons plus vieillissement et dépendance !
Et, même lorsque l’on ne vit plus chez soi parce que l’on est à la fin de sa vie, la réalité de l’accompagnement et de la vie en établissement est bien loin des représentations obsolètes enracinées dans notre imaginaire et transmises par les médias.
J’ai visité nombre de maisons de retraite médicalisées et d’EHPAD.
Ce ne sont pas des « mouroirs », comme on le croit encore trop souvent.
Plus que jamais, ce sont des lieux de vie.
J’y ai vu des couleurs, j’y ai entendu des chants, j’y ai senti de la gaieté.
Depuis vingt ans, la qualité dans ces établissements n’a cessé de s’améliorer.
Un remarquable travail a été mené, notamment pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées et maintenir le lien avec les familles, le voisinage et l’environnement social proche.
Je veux donc rendre un hommage appuyé aux personnels de ces établissements, dont nombre sont dans l’assistance aujourd’hui.
Vous tous, professionnels de soins, d’aide et de veille, en établissements – et aussi au domicile –, êtes en première ligne pour soulager, réconforter et répondre aux besoins et aux attentes des plus âgés et de leur entourage.
Confrontés à des situations difficiles, parfois à des situations d’urgence, vous êtes, je le sais, soumis au stress et à la fatigue.
Pourtant, vous continuez à assurer vos missions avec un engagement rare, un professionnalisme certain, un optimisme exemplaire, qui, le soir, apaisent les aînés et leur donnent envie, le matin, de se lever.
Dans le cadre de ce grand débat national sur la dépendance, je me suis rendue dans différents pays pour voir ce qui s’y faisait en matière de prise en charge.
La France n’a pas à rougir de ses structures destinées aux personnes âgées, qui comptent parmi les meilleures au monde. Et puis, l’EHPAD n’est pas la seule solution !
Je le disais il y a quelques instants, l’immense majorité de nos concitoyens, même âgés, même dépendants, vivent chez eux et souhaitent pouvoir continuer à le faire.
Dès lors, nous devons les y aider.
Les aider, c’est d’abord aider celles et ceux qui les aident.
Les profondes mutations démographiques à l’œuvre dans nos sociétés modernes transforment le modèle de la famille française.
Désormais, ce sont souvent quatre générations qui vivent en même temps.
Cette évolution a permis de renforcer les liens familiaux, notamment grâce à la place et au rôle importants des grands-parents.
Dorénavant, cette nouvelle structure familiale ne s’articule plus, comme c’était le cas depuis la naissance de nos politiques familiales dans les années 1930, autour du couple triangulaire constitué par l’enfant et ses parents.
Désormais, elle doit reconnaître un nouvel acteur : des femmes et des hommes, qui ont 50 ans ou plus, sont encore en activité ou jeunes retraités et se trouvent au cœur du lien intergénérationnel.
Ces femmes et ces hommes soutiennent leurs enfants et leurs petits-enfants, grâce à des dons financiers ou en nature, mais aussi grâce à leur disponibilité.
Ils jouent également un rôle essentiel dans l’accompagnement au quotidien de leurs parents dépendants.
A l’aune de ce noyau familial inédit, c’est toute l’architecture de notre politique familiale que nous devons repenser pour mieux l’articuler à celle de la vieillesse, et en particulier à celle du maintien à domicile.
Cela ressort très bien des échanges de la seconde table ronde.
Pour cela, nous ne partons pas de rien.
Un récent rapport de l’OCDE l’a encore montré : nombre de pays nous envient notre politique familiale en faveur des familles et de la petite enfance, qui permet aux femmes françaises de concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale et à notre démographie d’être l’une des plus dynamiques en Europe.
Nous avons des institutions, un savoir-faire, des outils et des bonnes pratiques, en matière de soutien financier, de fiscalité, de droits sociaux, d’équipements collectifs et d’accompagnement.
Pourquoi ne pas imaginer des solutions voisines pour relever le défi du vieillissement et aider les aidants ?
A ceux qui sont encore actifs, elles pourraient permettre de concilier leur activité professionnelle et leur vie familiale.
A ceux qui sont à la retraite, elles pourraient permettre de concilier leur projet individuel et leur rôle d’aidant, pour les soulager des contraintes qui pèsent sur eux et mieux aider leurs parents dépendants.
Dans cette perspective, je pense à des structures telles que la Maison des aidants de Nantes, que j’ai visitée ce matin.
Ce lieu d’accueil propose des informations pour les aidants et offre également un accueil de jour. Ainsi, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent sortir de leur domicile un jour par semaine, ce qui permet à leurs aidants de souffler et d’avoir un peu de temps pour eux.
Au-delà de cette politique familiale à laquelle je suis très attachée, c’est une prise en charge globale que nous devons imaginer.
Car, envisager le vieillissement de façon positive, c’est aussi prendre en compte tout l’environnement dans lequel les personnes âgées évoluent pour modifier notre société.
C’est donc toute notre organisation sociale qu’il faut repenser pour donner une véritable place aux personnes âgées et favoriser leur participation réelle à la vie sociale.
Pour intégrer pleinement nos aînés à notre société, nous devons adapter notre urbanisme, nos logements, nos espaces publics, notre mobilier urbain, notre réseau de transports, nos services de soins, nos services sociaux et nos commerces de proximité.
Nous devons également veiller à ce qu’ils puissent accéder aux nouvelles technologies et aux bénéfices du progrès scientifique et médical.
Une personne âgée qui vit chez elle doit pouvoir aller faire ses courses, se faire soigner, acheter ses médicaments, se promener dans son quartier ou son village, participer aux activités sociales, culturelles et physiques à proximité de son domicile.
Parce qu’elle est plus vulnérable, elle doit être mieux protégée lorsqu’elle prend une décision qui l’engage financièrement.
Car ne perdons jamais cela de vue : vivre à domicile, ce n’est pas le confinement à domicile, synonyme d’isolement et de mal-être.
Vivre à domicile, c’est pouvoir rester mobile et accéder facilement aux services dont on a besoin, parce que la société, plus accueillante, fait en sorte de les mettre à sa portée.
Vivre à domicile, c’est pouvoir vivre avec les autres, au cœur de la cité, et participer pleinement au vivre ensemble.
Pour cela, il nous faut réhabiliter un acteur essentiel : les communes et les communautés de communes, qui constituent l’échelon de proximité par excellence.
Au plus près des habitants, elles interviennent sur des éléments majeurs de l’écosystème socio-urbain dans lequel vivent les personnes âgées et l’ensemble de nos concitoyens.
« Société et vieillissement » : c’est par cette thématique que j’ai souhaité ouvrir les débats interrégionaux car c’est la plus générale, celle qui touche, véritablement, à notre projet de société pour ce nouveau siècle.
Je ne doute pas qu’ensemble nous saurons faire émerger des propositions fructueuses pour améliorer la qualité de vie des aidants, qui côtoient chaque jour la réalité du vieillissement.
Au-delà, il nous revient de donner à chaque personne âgée toute sa place dans notre société et, aussi, à chacun d’entre nous, le sentiment d’un destin collectif.
Ensemble, saisissons cette chance qu’est la vie devant soi et construisons une société pour tous les âges !
Les experts ont exposé leurs réflexions et engagé des échanges avec des citoyens constitués en groupes de paroles, ainsi qu’avec les participants présents dans la salle.
Discours de clôture de Roselyne bachelot-Narquin. 9 mai 2011
C’est pour moi un grand plaisir de me trouver parmi vous aujourd’hui à Nantes, dans une région qui m’est chère, pour vous proposer une synthèse à l’issue ce premier débat interrégional.
« Société et vieillissement » : c’est sur cette thématique, vous le savez, que j’ai installé début février un groupe de travail animé par Annick Morel qui va poursuivre ses travaux jusqu’en juin prochain.
Mais, en parallèle de ce travail d’experts, j’ai tenu à ce que l’ensemble de nos concitoyens puissent s’approprier cette réflexion. Quel que soit son âge, chacun d’entre nous, en effet, est concerné par le sujet.
Alors, pourquoi le nier ?
Aujourd’hui, en France, au XXIe siècle, la vieillesse continue de susciter des peurs, comme le montrent l’étude TNS Sofres et les échanges avec les citoyens.
Peur de voir son corps de dégrader et sa santé décliner.
Peur d’être affaibli psychologiquement ou de perdre sa liberté, sa capacité d’agir et de choisir.
Peur, en quittant son lieu de vie habituel, de connaître le déracinement, la souffrance ou la maltraitance.
En réalité, le grand âge nous renvoie, collectivement, au tabou ultime : celui de sa propre finitude.
Ces peurs, elles ont été exprimées au cours de la première table ronde et je les ai entendues.
Pourtant, je suis venue vous le dire aujourd’hui avec beaucoup de force et de confiance : n’ayons pas peur de vieillir !
Vieillir, nous l’oublions trop souvent, c’est d’abord une formidable chance !
L’extraordinaire allongement de l’espérance de vie que nous connaissons signifie que nous restons jeunes, en bonne santé, de plus en plus longtemps.
Alors, soyons clairs : il ne s’agit pas de faire l’apologie d’une éternelle jeunesse, réduite elle-même à l’apparence physique, dont nous savons bien qu’elle n’est en réalité qu’un artifice.
En réalité, je crois que c’est notre perception collective du vieillissement et de la vieillesse qui doit évoluer.
La dépendance n’est pas un coup de tonnerre qui nous tomberait dessus au lendemain d’un anniversaire que personne n’est capable de fixer.
La perte d’autonomie est un processus long, qui se déroule à travers des étapes successives, un processus marqué parfois par des ruptures brutales, mais un processus que l’on peut prévenir, anticiper, retarder, accompagner et même éviter.
Le vieillissement, c’est d’abord une période qui ouvre un grand nombre de possibles.
Possibilité de réaliser, plus longtemps, nos désirs et nos projets.
Possibilité d’être ce pivot familial autour duquel enfants, petits-enfants et parfois arrière-petits-enfants se réunissent.
Possibilité d’observer le monde qui change et d’œuvrer à ces mutations.
En un mot, le vieillissement, ce n’est pas la dépendance.
Et les chiffres à eux seuls le montrent : dans notre pays, même au-delà de 80 ou 90 ans, les personnes âgées, même dépendantes, vivent majoritairement à domicile.
La dépendance concerne moins de 8% des plus de 60 ans et, en moyenne, elle dure seulement 4 ou 5 ans.
J’ajoute que la durée moyenne de la vie en établissement pour personne âgée n’excède pas 22 mois.
Alors, de grâce, ne confondons plus vieillissement et dépendance !
Et, même lorsque l’on ne vit plus chez soi parce que l’on est à la fin de sa vie, la réalité de l’accompagnement et de la vie en établissement est bien loin des représentations obsolètes enracinées dans notre imaginaire et transmises par les médias.
J’ai visité nombre de maisons de retraite médicalisées et d’EHPAD.
Ce ne sont pas des « mouroirs », comme on le croit encore trop souvent.
Plus que jamais, ce sont des lieux de vie.
J’y ai vu des couleurs, j’y ai entendu des chants, j’y ai senti de la gaieté.
Depuis vingt ans, la qualité dans ces établissements n’a cessé de s’améliorer.
Un remarquable travail a été mené, notamment pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées et maintenir le lien avec les familles, le voisinage et l’environnement social proche.
Je veux donc rendre un hommage appuyé aux personnels de ces établissements, dont nombre sont dans l’assistance aujourd’hui.
Vous tous, professionnels de soins, d’aide et de veille, en établissements – et aussi au domicile –, êtes en première ligne pour soulager, réconforter et répondre aux besoins et aux attentes des plus âgés et de leur entourage.
Confrontés à des situations difficiles, parfois à des situations d’urgence, vous êtes, je le sais, soumis au stress et à la fatigue.
Pourtant, vous continuez à assurer vos missions avec un engagement rare, un professionnalisme certain, un optimisme exemplaire, qui, le soir, apaisent les aînés et leur donnent envie, le matin, de se lever.
Dans le cadre de ce grand débat national sur la dépendance, je me suis rendue dans différents pays pour voir ce qui s’y faisait en matière de prise en charge.
La France n’a pas à rougir de ses structures destinées aux personnes âgées, qui comptent parmi les meilleures au monde. Et puis, l’EHPAD n’est pas la seule solution !
Je le disais il y a quelques instants, l’immense majorité de nos concitoyens, même âgés, même dépendants, vivent chez eux et souhaitent pouvoir continuer à le faire.
Dès lors, nous devons les y aider.
Les aider, c’est d’abord aider celles et ceux qui les aident.
Les profondes mutations démographiques à l’œuvre dans nos sociétés modernes transforment le modèle de la famille française.
Désormais, ce sont souvent quatre générations qui vivent en même temps.
Cette évolution a permis de renforcer les liens familiaux, notamment grâce à la place et au rôle importants des grands-parents.
Dorénavant, cette nouvelle structure familiale ne s’articule plus, comme c’était le cas depuis la naissance de nos politiques familiales dans les années 1930, autour du couple triangulaire constitué par l’enfant et ses parents.
Désormais, elle doit reconnaître un nouvel acteur : des femmes et des hommes, qui ont 50 ans ou plus, sont encore en activité ou jeunes retraités et se trouvent au cœur du lien intergénérationnel.
Ces femmes et ces hommes soutiennent leurs enfants et leurs petits-enfants, grâce à des dons financiers ou en nature, mais aussi grâce à leur disponibilité.
Ils jouent également un rôle essentiel dans l’accompagnement au quotidien de leurs parents dépendants.
A l’aune de ce noyau familial inédit, c’est toute l’architecture de notre politique familiale que nous devons repenser pour mieux l’articuler à celle de la vieillesse, et en particulier à celle du maintien à domicile.
Cela ressort très bien des échanges de la seconde table ronde.
Pour cela, nous ne partons pas de rien.
Un récent rapport de l’OCDE l’a encore montré : nombre de pays nous envient notre politique familiale en faveur des familles et de la petite enfance, qui permet aux femmes françaises de concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale et à notre démographie d’être l’une des plus dynamiques en Europe.
Nous avons des institutions, un savoir-faire, des outils et des bonnes pratiques, en matière de soutien financier, de fiscalité, de droits sociaux, d’équipements collectifs et d’accompagnement.
Pourquoi ne pas imaginer des solutions voisines pour relever le défi du vieillissement et aider les aidants ?
A ceux qui sont encore actifs, elles pourraient permettre de concilier leur activité professionnelle et leur vie familiale.
A ceux qui sont à la retraite, elles pourraient permettre de concilier leur projet individuel et leur rôle d’aidant, pour les soulager des contraintes qui pèsent sur eux et mieux aider leurs parents dépendants.
Dans cette perspective, je pense à des structures telles que la Maison des aidants de Nantes, que j’ai visitée ce matin.
Ce lieu d’accueil propose des informations pour les aidants et offre également un accueil de jour. Ainsi, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent sortir de leur domicile un jour par semaine, ce qui permet à leurs aidants de souffler et d’avoir un peu de temps pour eux.
Au-delà de cette politique familiale à laquelle je suis très attachée, c’est une prise en charge globale que nous devons imaginer.
Car, envisager le vieillissement de façon positive, c’est aussi prendre en compte tout l’environnement dans lequel les personnes âgées évoluent pour modifier notre société.
C’est donc toute notre organisation sociale qu’il faut repenser pour donner une véritable place aux personnes âgées et favoriser leur participation réelle à la vie sociale.
Pour intégrer pleinement nos aînés à notre société, nous devons adapter notre urbanisme, nos logements, nos espaces publics, notre mobilier urbain, notre réseau de transports, nos services de soins, nos services sociaux et nos commerces de proximité.
Nous devons également veiller à ce qu’ils puissent accéder aux nouvelles technologies et aux bénéfices du progrès scientifique et médical.
Une personne âgée qui vit chez elle doit pouvoir aller faire ses courses, se faire soigner, acheter ses médicaments, se promener dans son quartier ou son village, participer aux activités sociales, culturelles et physiques à proximité de son domicile.
Parce qu’elle est plus vulnérable, elle doit être mieux protégée lorsqu’elle prend une décision qui l’engage financièrement.
Car ne perdons jamais cela de vue : vivre à domicile, ce n’est pas le confinement à domicile, synonyme d’isolement et de mal-être.
Vivre à domicile, c’est pouvoir rester mobile et accéder facilement aux services dont on a besoin, parce que la société, plus accueillante, fait en sorte de les mettre à sa portée.
Vivre à domicile, c’est pouvoir vivre avec les autres, au cœur de la cité, et participer pleinement au vivre ensemble.
Pour cela, il nous faut réhabiliter un acteur essentiel : les communes et les communautés de communes, qui constituent l’échelon de proximité par excellence.
Au plus près des habitants, elles interviennent sur des éléments majeurs de l’écosystème socio-urbain dans lequel vivent les personnes âgées et l’ensemble de nos concitoyens.
« Société et vieillissement » : c’est par cette thématique que j’ai souhaité ouvrir les débats interrégionaux car c’est la plus générale, celle qui touche, véritablement, à notre projet de société pour ce nouveau siècle.
Je ne doute pas qu’ensemble nous saurons faire émerger des propositions fructueuses pour améliorer la qualité de vie des aidants, qui côtoient chaque jour la réalité du vieillissement.
Au-delà, il nous revient de donner à chaque personne âgée toute sa place dans notre société et, aussi, à chacun d’entre nous, le sentiment d’un destin collectif.
Ensemble, saisissons cette chance qu’est la vie devant soi et construisons une société pour tous les âges !
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