Maisons de retraite: La Bretagne bien dotée

Contrairement à d'autres régions, l'Ouest est plutôt bien loti en maisons de retraite. Pratiquement tous les cantons proposent une offre. C'est ce qui ressort d'une enquête de la Fédération des établissements non lucratifs.

Au moment où il est question de réformer la prise en charge de la dépendance, l'enquête «Solidarités et territoires» de la Fehap (Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne non lucratifs) dessine une carte de France de l'offre d'hébergements pour personnes âgées qui est loin d'être homogène. Les 12.802 établissements, dont 9.127 maisons de retraite et 3.515 foyers-logements, que compte la France sont mal répartis. La moyenne nationale -tous secteurs confondus- de 230 lits d'hébergement pour 1.000habitants de plus de 80 ans cache d'importantes disparités.

Pas de cantons bretons sans offre

Cette enquête, et c'est l'un de ses intérêts, recense l'offre des 3.800 cantons français. Pourquoi l'échelle cantonale? «Parce que, expliquent leurs auteurs, quand une personne âgée entre en maison de retraite, elle souhaite le moins possible s'éloigner de ses proches». Sur l'ensemble des cantons français, 580 -ce n'est pas rien- ne proposent aucune place d'hébergement. Le Grand Ouest fait partie des zones les mieux pourvues et, en particulier, la Bretagne: quasiment tous ses cantons proposent une offre d'hébergement aux personnes âgées. Si on regarde de près la carte, on remarque que les cantons bretons les mieux dotés sont situés sur le littoral nord-ouest, la partie ouest du Centre-Bretagne et le littoral sud. Dans ces cantons, le nombre de places pour1.000habitants de plus de 80ans est supérieur à 389. Les cantons bretons qui offrent moins de 220 places sont minoritaires. Autre constat de l'étude: si, d'une manière générale, «les aires périurbaines souffrent d'un déficit», ce n'est pas le cas dans l'Ouest breton.

Faire faceaux nouveaux arrivants

On le voit, la Bretagne est plutôt bien équipée pour accueillir les personnes âgées. Reste que la région attire beaucoup de nouveaux retraités et qu'elle devra donc faire face, dans les années qui viennent, à une demande accrue. Non seulement pour l'hébergement mais aussi, plus globalement, dans les domaines sanitaire et social. Sont notamment concernées les Côtes-d'Armor et le Morbihan, deux départements particulièrement attractifs pour les personnes âgées. Leur situation est considérée comme contrastée avec une faiblesse en soins de suite et de réadaptation (SSR), des Ephad (Établissements pour personnes âgées dépendantes) encore peu nombreux et des services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) plus fréquents dans les Côtes-d'Armor que dans le Morbihan.

90% des places habilitées à l'aide sociale

La présence d'établissements n'est pas tout. Faut-il pouvoir encore y accéder, sachant que le coût moyen d'un hébergement à la charge de la personne âgée est de 2.200 EUR, soit 1.000 EUR de plus que la moyenne des retraites. Il existe l'aide sociale mais tous les établissements, en particulier ceux du secteur privé lucratif, ne sont pas habilités à accueillir des personnes qui en bénéficient. Mais sur ce point encore, la Bretagne fait plutôt figure de bon élève. Dans le Finistère et une bonne partie des Côtes-d'Armor, 90% des places sont habilitées à l'aide sociale. Une bonne chose pour les personnes âgées à la fois les plus dépendantes et les plus modestes.

2 novembre 2010


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